Auteur : Jessica Tonetti

Un regard parmi d’autres : “Claudia Tagbo – Lucky”

Lucky. Chanceuse, Claudia Tagbo l’est. Ou plutôt elle l’a décidé. Notamment après les terribles attentats du 13 novembre qui se déroulent dans son quartier alors qu’elle est en voyage. Depuis, toutes les journées de l’humoriste débutent par la même prise de conscience, la chance d’être en vie. Lucky. Un titre, comme une piqure de rappel pour les spectateurs qui ont la chance inouïe d’être en vie et qui oublient parfois de la savourer. Les plus entêtés à la fortune ont eu la chance de travailler leur veine dans un petit exercice concocté par l’humoriste, qui est parvenue de façon remarquable à faire s’époumoner Beausobre d’une seule voix : je suis chanceux.

Avec ce second spectacle, Claudia Tagbo annonce son envie de prendre le public par la main tout droit dans son univers et de lui transmettre véritablement qui elle est. Un souhait qui s’illustre dès son entrée sur scène. En toute sobriété l’humoriste récite le poème «Femme noire» de Lépoold Sédar Senghor, qui fait partie de son identité et sa culture africaine, sur le son du tam-tam joué par le multi-instrumentiste Julien Agazar épiçant agréablement la soirée. Un début fort en émotion donc, captivant, authentique, qui déroute avec la suite du spectacle, constituée de sketchs, entremêlé de poésie et de danse, pour finir sur un hymne à la bienveillance et au vivre ensemble. Un trop plein de propositions et de ruptures, ainsi qu’une absence de fil conducteur, qui a malheureusement perdu en route quelques spectateurs.

Avec son franc parlé, sa délicieuse attitude de diva, et très proche de son public, Claudia Tagbo livre tout de même une belle prestation. On retrouve ses fameuses envolées hystériques « Répondez-moi, on est pas à la télé ici!». On rit en écoutant les galères de son enfance dans une famille nombreuse qui aime la fête. « Dans une famille nombreuse, ce n’est pas comme au paradis, les premiers sont toujours les premiers ! ». On se reconnait lorsqu’elle évoque les pantoufles du matin placées dans le bon sens de la vie, soit celui de la douche. On se surprend à se moquer de son voisin bobo et sa pierre d’Alun, puis à s’imaginer en célibattante ou en célibâtarde.

A la sortie, le décalage reste pourtant à l’esprit de certains spectateurs. Entre les attentes des gens adeptes de Claudia Tagbo version stand-up, et la proposition artistique du soir mêlant humour, comédie, envolées lyriques et message de tolérance. Une petite amertume qui se dissipe grâce à la présence scénique et l’énergie contagieuse de l’artiste.

Marine

Un regard parmi d’autres “Ballet Preljocaj”

Cinq femmes en nuisettes, cinq guerrières légères aux imposantes crinières.

Elles en accueillent deux autres. Ces sept corps n’en font plus qu’un. Des bras et des jambes à la synchronisation bluffante. Les sept respirations et les quatorze bruits de pas se font entendre, subtilement.

Les voilà qui disparaissent. Laissant une seule danseuse à genou, torse nu, dos au public. Elle se meut, dévoile ses côtes inquiétantes. S’agite tel un serpent, une anguille.

Plus tard dans la soirée, la voilà vêtue et accompagnée. Et l’impression d’observer des ébats torrides entre eux deux.
Ce couple amorphe, lui, tournicote s’entrelace pour finalement s’embraser, s’embrasser et virevolter encore et encore.
Jusqu’à laisser sa place à six danseurs qui, face au public, se lancent avec brio sur une espèce de jeu de chaises musicales absolument dément. Applaudissements.

En ce mardi soir, treize artistes nous ont plongé une heure vingt-cinq durant dans l’univers d’Angelin Preljocaj. Un univers composé de Retour à Berratham, Les Nuits, Suivront mille ans de calme, Spectral Evidence, Le Parc, Paysage après la bataille, La Stravaganza, Blanche Neige, Roméo et Juliette.
Car Playlist #1 n’est pas une nouvelle œuvre de ce chorégraphe renommé, mais un melting-pot d’extraits de dix de ses créations, allant de 1994 à 2015. Avec des enchaînements plutôt habiles, le public est ainsi passé de la mélancolie à l’amour, du drame à l’humour, de Beethoven à Natacha Atlas, de Mozart à John Cage, de la technicité pure à la théâtralité.

L’opportunité de se mettre à jour – pour une novice telle que moi – ou de faire son marché dans le rayon danse contemporaine de Preljocaj, en perspective de ses diverses tournées aux quatre coins du monde.

Aude

Un regard parmi d’autres “Jean-François Zygel ”

Jean-François Zygel – Le Fantôme de l’Opéra

Beausobre a revêtu ses plus beaux atours pour un voyage dans les années 1920, ces années folles, ces années dorées où le cinéma muet se laissait porter par la musique. L’hôte de la soirée n’était autre que le pianiste virtuose Jean-François Zygel, maître de l’improvisation, qui avait déjà époustouflé la salle aux fauteuils jaunes grâce à de ses fantaisies autour de Mozart en 2015.

Le cœur de ce spectacle hors du temps était la diffusion sur grand écran du film muet de Rupert Julian « Le fantôme de l’Opéra », accompagnée par la pièce pour piano que Zygel avait composée tout spécialement pour ce film. Le ciné-concert fait s’embrasser le quatrième et le septième art. Il donne à chaque séance de cinéma quelque chose d’unique, puisque non seulement le musicien joue en live devant l’écran, mais qu’en plus il improvise par moments.

Jean-François Zygel a parcouru les dédales de ce film culte qui raconte le destin tragique d’un fantôme tortionnaire et amoureux d’une sublime chanteuse d’opéra. Les notes ont donné des couleurs au long-métrage en noir et blanc, des couleurs chaudes pour envelopper les personnages passionnés ou plus froides lorsqu’ils grelottaient dans un sombre souterrain enfui sous l’Opéra de Paris.

Quels ornements musicaux avaient été écrits à l’avance ? Quelles envolées étaient inspirées par l’instant présent ? Parfois, l’intensité et les soubresauts du piano accompagnaient parfaitement ceux du film. On devinait alors que le musicien les avait sûrement couchées sur une partition. Une manière de souligner certains passages et de guider le spectateur. Seul sur les planches, Jean-François Zygel a osé pourtant se faire parfois oublier, créant pour ses images bien-aimées un écrin de musique flamboyant. Il a osé se fondre le décor, faisant parfois jaillir son talent, qui sait, peut-être comme un certain fantôme.

Céliane

Un regard parmi d’autres “Richard III”

Une transposition haute en couleur de la célèbre pièce de Shakespeare

Mardi soir, Jean Lambert-wild nous a présenté une adaptation de la fameuse pièce de Shakespeare. Prêtant à Richard l’apparence de son personnage clownesque, habillé d’un pyjama rayé, il fait le pari d’une mise en scène très originale.

Le choix est bien réussi car l’opposition entre la candeur de ce clown tout blanc en chaussettes, apparemment inoffensif, et la nature violente et cruelle de Richard, se révèle très féconde, ouvrant une multitude de variations sur le protagoniste de cette pièce.

À ses côtés, l’actrice Elodie Bordas a incarné magistralement tous les autres personnages, nous révélant son talent pour la transformation, en changeant de gestuelle et de voix avec une désinvolture pour le moins stupéfiante.

La scénographie quant à elle, aurait pu être considérée comme un personnage à part entière, dotée d’une vie et interagissant intrinsèquement avec les acteurs. Ceux-ci semblaient presque fusionner dans le décor, composé d’une incroyable architecture s’érigeant sur la scène, sorte de castelet, peuplée de pantins et de personnages fantomatiques et fournie de merveilleux mécanismes cinétiques.

Au travers de ce scénario, nous sommes amenés dans les méandres d’une fête foraine loufoque, sorte de Luna Park dont le protagoniste est le maître du jeu, manipulant tout son entourage au profit de sa sanguinaire ascension au pouvoir.

Finalement, chaque scène du spectacle est imprégnée par une haute recherche esthétique où les contrastes suscitent à la fois la fascination et l’aversion, en parfait équilibre entre le tragique et le comique.

Laura

Un regard parmi d’autres : « L’Heureux élu »

Paris. Quartier de la Bastille. Dans cet ancien atelier transformé situé au septième étage sans ascenseur, Greg (Yvan Le Bolloc’h) et Mélanie (Mathilde Penin), couple de bobos par excellence, sont loin de se douter de la tournure que va prendre la soirée… contrairement au public, rapidement mis dans la confidence grâce aux arrêts sur image, aux apartés des personnages balançant leurs secrets et autres états-d‘âme.

Dans ce loft donc, on apprend que Charline (Mélanie Page), partie travailler à New York, est de retour à Paris, accompagnée. Elle veut présenter Noël (Yvon Back), son futur mari rencontré dans d’horribles circonstances, à ses amis.

Le souci, c’est que Jeff (Bruno Solo), ex de Charline – qui ne s’est évidemment jamais remis de cette rupture – s’est invité à la soirée. Sans se douter de sa présence imminente, il raconte avoir rêvé de son amour perdu la nuit d’avant. Face à la réalité, il aura de quoi se saouler une heure quarante durant !
Vous les voyez, les problèmes arriver ? Tenez-vous bien, ce n’est que le début…

Car pendant que Noël tourne en rond à la recherche d’une place de parc, Charline les met en garde : son fiancé est « un peu différent ». Sur un fauteuil roulant ? Noir ? Con, mais vraiment con ? Si seulement ! L’homme, tiré à quatre épingles, est raciste, simplement. Africains, Juifs, Chicanos, tous y passent. Les propos s’enchaînent, sous le regard médusé de ces « humanistes de la Bastille », comme il les nomme. Le pompon ? L’homme est un passionné d’armes ; il en porte d’ailleurs une sur lui. Et n’hésite pas à dégainer. Charline est gênée, mais aveuglée par l’amour, elle ne démord pas, « il va changer, il a déjà changé ! » Qu’importe. « Face à des opinions inacceptables, on ne transige pas avec la morale ».

Imaginez un instant un tel cas de figure dans votre salon. Que dire, que faire… Doit-on tout balancer (aidé par un verre dans le nez) ? Ravaler ses remarques ? Epauler ? Dans « L’Heureux élu », l’un est porté par la rancœur, l’autre par la lâcheté, la troisième par l’amitié. Des positions différentes, des discussions qui, au fur et à mesure de la situation, amènent des non-dits enfouis depuis 20 ans. Evoqués au préalable au public, les voilà faire finalement leur apparition sous forme de rebondissements, où des duos se forment, se déforment. L’homme raciste, mais honnête, ne serait-il pas le plus méritant finalement ?

Dramatique au premier abord, la pièce d’Eric Assous force à réfléchir, tout en n’échappant pas aux rires. Des rires amenés par quelques sublimes sorties verbales, mais surtout les prestations des deux acolytes de « Caméra Café », soit un Bruno le Solo fin rond sans limite, et un Yvan le Bolloc’h bourgeois pathétique. Non sans oublier un Yvon Back parfaitement imbuvable.
Aude Haenni

Un regard parmi d’autres “Mummenschanz”

Avec les Mummenschanz, la matière prend vie dans un rêve muet

Silence. Nuit. Un faisceau de lumière allume la scène. Il éclaire une gigantesque méduse noire. Lentement, elle gonfle ses robes brillantes. Elle avance, légère, déployant ses peaux qui tourbillonnent dans une respiration infinie. J’entends le frissonnement de ses voiles fins et transparents.
Derrières ce déguisement, des acrobates. J’entends aussi leur pas feutrés. Bientôt, un crissement de pieds me prépare à l’arrivée majestueuse d’une seconde méduse, plus petite, plus brillante et plus blanche. Toutes deux peuplent désormais la scène. Elles avancent l’une vers l’autre, se touchent, s’évitent, se poussent, s’aspirent. J’assiste à une véritable rencontre entre ces deux êtres. Un instant onirique et muet, comme les nombreux autres tableaux présentés devant un jeune public hypnotisé.
Qui eut cru qu’un spectacle sans parole ni musique maintiendrait durant deux fois 50 minutes autant d’enfants en haleine ? Les acrobates-comédiens de la troupe Mummenschanz sont parvenus, à partir de matériaux inertes, à donner vie instantanément à des personnages silencieux. Sans mot et sans musique, l’histoire se raconte par les formes et les mouvements des marionnettes, des objets, ainsi que des matières.
S’écouter « voir »
Grâce à leur maîtrise du langage paraverbal, la compréhension est instantanée et les émotions sont transmises par les détails les plus subtiles. En quelques mouvements, ces artisans du rêve ont su faire apparaître des scènes de vie. Dans leurs mains, un simple bout de tissu s’est transformé en un visage heureux. Des tuyaux se mouvant sur scène ont soudain semblés doués de sentiments. En quelques pincements de cordes désordonnés, des violons ont paru s’échanger des mots doux.
A la fin du spectacle, certains épisodes, plus longs, ont même pris une tournure allégorique, comme celui des deux compères muets aux têtes de pâte à modeler. Passant leur temps à essayer de pétrir la figure de l’autre à leur façon, ils ont fini tous les deux par perdre leur visage. Pas besoin de mots, ni d’orchestre. L’image est assez puissante pour évoquer en moi des sentiments et des pensées.
Finalement, à force de tendre l’oreille dans la nuit, je suis parvenue à entendre un monde caché dans le silence. Et les éclats de rire d’enfants furent comme une musique.
Lysiane

Un regard parmi d’autres: “Calypso”

Cher Théâtre de Beausobre, la prochaine fois que vous inviterez Calypso Rose sur votre scène, je vous saurai gré de mettre des panneaux d’avertissement : spectacle irrésistiblement dansant. Et prière d’en placarder du sol au plafond. Parce que, vraiment, c’était une torture.
La voix enjouée, vêtue du costume le plus pailleté que j’aie eu la chance de voir miroiter, (le groupe ABBA mis à part, mais c’était en vidéo donc ça ne compte pas vraiment, et puis ne changeons pas de latitude et revenons à la prestation de la star trinidadienne) Calypso Rose a commencé son concert endiablé.
Croyez-moi, nous faisions tous les efforts du monde pour rester immobiles, seulement, les têtes dodelinaient quand même, les épaules des plus téméraires aussi. Mais à l’exception d’un petit groupe de joyeux rebelles, le public bienséant est resté assis presque la moitié du concert, quand les rythmes lui intimaient de danser jusqu’à l’aube. Dans mon fauteuil et ma robe mouchetée prête à onduler, j’attrapais moi aussi, toutes oreilles dehors, la moindre occasion de me trémousser.
Calypso Rose est devenue chanteuse professionnelle bien avant la naissance de mes parents. Les personnes « trop » âgées vivent, je crois, chargées d’aprioris et semblent surprendre dès qu’elles s’en écartent un tant soit peu. Aussi énergique soit-elle, Calypso Rose n’a pas réussi à s’en émanciper totalement, de ce « Et dire qu’elle a bientôt huitante ans! ». D’ailleurs, pour être tout à fait franche, plusieurs d’entre nous n’auraient peut-être pas été aussi tentés de venir si la chanteuse avait été une fringante trentenaire. Le contraste entre sa musique carnavalesque et son grand âge avait fait figure d’argument marketing très convaincant. Son mouvement du bassin ou des fesses ne pouvait alors que sembler un peu comique, ce dont elle ne se cachait d’ailleurs pas. Si son intention avait été de charmer « pour de vrai », les rires bon enfant du public l’auraient bien vite ramenée à sa condition de grand-maman de la salle.
Et une grand-maman, ça raconte des histoires, ça chante, ça émeut (par exemple avec le simple et libérateur « No Madame »), ça nous fait rire comme des enfants, mais c’est bien connu : ce n’est pas censé être sexy. Et pourtant, bien que plus fragile, la reine de la nuit est apparue aussi vivante que n’importe quelle jeunette. On la sentait prête à vivre encore au moins un siècle sous le soleil des projecteurs.
Généreuse, Calypso Rose a distribué ses CDs aux enfants de l’assistance comme des bonbons. Mais son plus beau geste a été la liberté qu’elle a accordée à ses musiciens et à ses deux choristes. Liberté de porter des vêtements désassortis et de danser, le plus souvent, selon leur envie. Fi des faire-valoir robotiques, les rôles secondaires de ce concert ont aussi eu droit à un vrai moment de gloire, le temps que Calypso Rose se repose (ou continue à danser, qui sait…) en coulisse. Avant de revenir de plus belle et, enfin, de faire se lever un public qui n’attendait que cela.
Puis il s’est fait tard, alors notre marraine la bonne fée s’est éclipsée tandis que le public fredonnait son nom, jusqu’à ce qu’elle disparaisse, tout sourire et à reculons, derrière le rideau. « C’est comme une berceuse », s’est émerveillé mon amie. Il faut croire que c’était au tour du public de border à son tour son exceptionnelle grand-maman.

Un regard parmi d’autres : Michael Gregorio

Le plan est simple: faire du bruit pour son anniversaire. Une décennie. Car, voilà 10 ans que Michael Gregorio et sa panoplie de personnalités qu’il fait naître comme personne, arpentent  les scènes  d’Europe, et de Suisse, à l’image de sa venue automnale à Beausobre. Vêtu d’une veste de costard pailleté à vous faire mal aux yeux, les cheveux bouclés à foison, mince, stylé dira-t-on, plutôt petit répèteront les spectateurs, et indéniablement captivant,  on a du mal à croire que cela fait déjà 10 ans que Michael Gregorio, incarne, simule, détourne, revisite, se moque, interprète, ressent, folâtre même, mais avant tout joue. Il l’admet lui-même, chaque fois qu’il est en représentation, il redevient un enfant, les filtres sociaux en moins, la liberté en plus. « On fête mes 10 ans, je suis vieux, et pourtant je porte encore la taille 10 ans en vêtement », ironise l’artiste d’une voix enfantine,  alors qu’il présente son fameux micro vintage corde-à-sauter.

Depuis 10 ans, Michael Gregorio, c’est un peu le meilleur des pires wedding planner de son temps. Des couples improbables se font la cour, se marient, s’embrassent, et s’embarrassent, au son de sa voix. Maitre Gims et Aznavour, Shakira et Cabrel, Grand corps malade et les Bee Gees, Johny Hallyday et Diego… Les mariages improbables décrochent les rires d’un Beausobre exalté. Et puis, les lumières s’évanouissent peu à peu, tout comme les applaudissements, la fougue redescend, on distingue dans l’ombre l’artiste qui fait tomber le masque, adoptant instantanément une autre posture et un autre tempérament, pour se replacer au-devant de la scène, le visage dur. Sur le port d’Amsterdam, Jacques Brel reprend vie, et fait grande impression. On est loin de l’enfant de 10 ans du début, et de ses personnages hilarants. C’est là aussi que réside  la prouesse de Michael Gregorio. Les imitations sont toujours justes, les moments légers et moqueurs s’alternent sans fausse note aux instants émouvants, et absolument vrais.

Michael Gregorio boude un moment, puis se reprend, car «avant 45 minutes de spectacle, je suis obligé de vous rembourser » explique-t-il en riant. Un karaoké géant s’organise, le théâtre n’est plus, c’est la chorale de Morges qui prend place. Le public timide au départ, se surprend à promener de bon cœur sa voix sur des hits du moment, revisités à la sauce Gregorio bien sûr. On sent que la fin de la fête d’anniversaire arrive à grand pas, alors que les 10 bougies s’éteignent sous le souffle de l’artiste accompli. Dernière folie, (on a rarement vu cela à Beausobre) l’artiste se donne le pari de surfer tel une rock star sur la mer des spectateurs du soir. Du premier au dernier rang s-il-vous plait !  Au départ, le plan était simple, faire du bruit pour son anniversaire. Finalement Michael Gregorio a fait bien plus que cela. Happy Birthday !

Marine