Un regard parmi d’autres “Jean-François Zygel ”

Jean-François Zygel – Le Fantôme de l’Opéra

Beausobre a revêtu ses plus beaux atours pour un voyage dans les années 1920, ces années folles, ces années dorées où le cinéma muet se laissait porter par la musique. L’hôte de la soirée n’était autre que le pianiste virtuose Jean-François Zygel, maître de l’improvisation, qui avait déjà époustouflé la salle aux fauteuils jaunes grâce à de ses fantaisies autour de Mozart en 2015.

Le cœur de ce spectacle hors du temps était la diffusion sur grand écran du film muet de Rupert Julian « Le fantôme de l’Opéra », accompagnée par la pièce pour piano que Zygel avait composée tout spécialement pour ce film. Le ciné-concert fait s’embrasser le quatrième et le septième art. Il donne à chaque séance de cinéma quelque chose d’unique, puisque non seulement le musicien joue en live devant l’écran, mais qu’en plus il improvise par moments.

Jean-François Zygel a parcouru les dédales de ce film culte qui raconte le destin tragique d’un fantôme tortionnaire et amoureux d’une sublime chanteuse d’opéra. Les notes ont donné des couleurs au long-métrage en noir et blanc, des couleurs chaudes pour envelopper les personnages passionnés ou plus froides lorsqu’ils grelottaient dans un sombre souterrain enfui sous l’Opéra de Paris.

Quels ornements musicaux avaient été écrits à l’avance ? Quelles envolées étaient inspirées par l’instant présent ? Parfois, l’intensité et les soubresauts du piano accompagnaient parfaitement ceux du film. On devinait alors que le musicien les avait sûrement couchées sur une partition. Une manière de souligner certains passages et de guider le spectateur. Seul sur les planches, Jean-François Zygel a osé pourtant se faire parfois oublier, créant pour ses images bien-aimées un écrin de musique flamboyant. Il a osé se fondre le décor, faisant parfois jaillir son talent, qui sait, peut-être comme un certain fantôme.

Céliane
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