Un regard parmi d’autres: Ala.ni

« Je ne vous vois pas, mais vous avez l’air chou ». Cette phrase prononcée par le groupe Jaylis qui assurait la première partie du concert d’Ala.ni annonçait la couleur de cette soirée, toute en légèreté et douceur. Il n’aura d’ailleurs fallu que quelques minutes pour que l’espièglerie de la chanteuse à l’origine de la création du groupe, Sandra Loerincik Barat, séduise le public présent ce mardi soir au théâtre de Beausobre. Car durant les vingt minutes qu’aura duré la représentation du groupe, Jaylis nous aura entraîné dans un univers volontairement ingénu. Un univers dont la musique fait du bien, où l’enfance semble être au cœur du message malgré des thèmes plus sérieux tel que le doute.

Après la fraîcheur de Jaylis, c’est la profondeur et l’amplitude de la voix d’Ala.ni qui entrent en scène. Immédiatement, on se retrouve plongé dans les années 30 lors desquelles Hutch, son grand-oncle, était une star du music-hall. Une influence qu’elle revendique fièrement et qui est au cœur de son processus créatif. Accompagnée d’une harpe et d’un violoncelle, quelques notes suffisent pour comprendre que ces instruments n’auront qu’une seule et unique tâche tant ils se font discrets : sublimer son timbre de voix. Une voix qui semble d’une inestimable immensité puisqu’elle passe des graves aux aigus sans laisser paraître la moindre difficulté. Tout paraît si simple, si maîtrisé et jamais elle n’entre dans l’excès.

Mais c’est surtout sa personnalité qui fait une réelle différence. Dès le début de sa représentation, on ressent une réelle complicité avec ses musiciens. Et le public n’est pas en reste, tant Ala.ni entame avec lui une très forte interaction qui durera jusqu’à sa sortie de scène. Que ce soit entre deux morceaux ou en plein milieu d’une chanson, elle semble se laisser guider à l’instinct et chacun de ces instants est une surprise. C’est également au travers de ce lien avec l’audience que la chanteuse fait naître des moments uniques, comme ces chansons créées de toutes pièces en fonction de phrases écrites par le public.

Ala.ni choisit pour clore cette soirée de reprendre le morceau Parlez-moi d’amour initialement interprété en 1930 par Lucienne Boyer. Le public l’accompagne, se laisse bercer, puis elle met un terme à cette soirée : « Je vous aime. »

Guillaume

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