Un regard parmi d’autres: Anne Roumanoff

Anne Roumanoff est l’une des élues, l’une des celles qui remplissent les salles de spectateurs (qui ont payé avec du vrai argent pour aller les voir, précisons-le), les font rire et recommencent année après année.

C’est l’une des très rares incontournables du paysage francophone. Et j’avais réussi à toujours la manquer. Et elle venait à Beausobre. Le plan parfait. Alors en prenant place dans mon cher fauteuil jaune, je me demandais bien quelle verve avait valu une telle renommée à la “tornade rouge”. Ne passons pas par quatre chemins, parce que c’est le printemps et que vous avez certainement des pieds à aller tremper dans le lac ou un potager à chouchouter, je vais vous révéler toute de suite son petit secret : quelle joie de voir un one-(wo)man-show qui ne soit ni « benêt », ni gorgé de vitriol, mais tout simplement… drôle !
Son dernier spectacle « Aimons-nous les uns les autres » est un savoureux fourre tout où se rencontrent dette grecque et phobie administrative, Jean-Claude (avec un “A”, bah oui, parce que sinon ça ferait « Jean-Clude ») et la louve Marine, jeux de mots, jeux de rôles, et jeux de pouvoir.

La jeune quinquagénaire a croqué à pleines dents dans ses personnages hauts en couleur (surtout les plus vives, bien sûr) et leurs petits travers. Dans la politique française aussi, dont elle retrace les luttes dans un conte animalier de son cru. On y trouve le paon tombé du trône (sur lequel il n’est d’ailleurs jamais monté), le gras cochon, la fausse brebis. Et puis le pigeon, comment l’oublier, catapulté chef de clan à sa plus grande surprise.

Car qu’elle réinvente la téléréalité, transforme les campagnes politiques en basse-cour ou se glisse dans le lit d’un couple en mal de libido, Anne Roumanoff le fait avec acuité et finesse, mais sans cruauté, toujours à la recherche d’un terrain fertile où ses bons mots pourront s’ébaudir en toute liberté. Incontournable, c’est moi qui vous le dis.

Céliane

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