Un regard parmi d’autres : Du vent dans la tête

La compagnie Bouffou Théâtre nous ramène sur les bancs d’école avec son spectacle « Du vent dans la tête ». Le décor nous immerge dans une salle de classe, avec de vieux pupitres et un tableau noir sur lequel est écrite la date du jour. Une petite cloche retentit et annonce le début du spectacle et d’une drôle de récréation…

Deux artistes, écoliers pour l’heure, font vivre cette école improvisée qui changera de nombreuses fois de décors et dont les recoins réservent bien des surprises. L’un deux nous explique comment il vivait ses années d’écoles : l’attitude qu’il avait, le cœur qu’il y mettait. Il nous présente ensuite « Hess », sa marionnette aux trous dans la tête. On comprend ensuite que ces derniers l’empêchent de garder en mémoires ses leçons de classe. C’est ensuite que nous faisons la connaissance de Nath, autre marionnette tenue à bout de bras par une autre artiste. On comprend que les deux marionnettes sont amies et bien différentes l’une de l’autre. Tout comme leur propriétaire. Nath a des bouchons dans ses trous dans la tête et une tendance à avoir réponse à tout. Hess, quand à lui, est plutôt rêveur et tête en l’air.

On suit les échanges et les aventures des deux amis. Des voyages improvisés, tantôt sur la mer, tantôt dans les airs, sur de nombreux jouets anciens, nous évadent. Des mélodies, faites de banjo et de percussions, accompagnent ces joyeuses routes. Leur but : trouver le bonnet de Hess, un bonnet d’âne.

Des images de mon enfance apparaissent lorsqu’un des artistes fait de la soupe-à-tout avec l’aide d’une des marionnettes. Un peu de terre, du sable, quelques fleurs du jardin et la soupe est prête. Qui, étant enfant, n’a jamais fait de la soupe-à-tout ?

Dans la salle, chacun d’entre nous est silencieux, attentif, comme captivé, emmené dans l’univers riche qui nous est proposé. Mon enfant intérieur est émerveillé par ce monde imaginaire et l’adulte que je suis sourit des jeux de mots à la pelle dont regorgent les textes. Les nombreuses mimiques des deux artistes font rire. Ceux-là se plaisent, par moments, à jouer l’extension de leur marionnette. On ne sait donc plus qui est la marionnette de qui, où est l’adulte et qui est l’écolier.

La petite cloche retentit et annonce la fin du spectacle… et de la récréation. Je sors de la salle avec mon amie, bras dessus – bras dessous, avec l’envie que la pause se poursuive pour pouvoir encore rêver un peu de voyages et de jeux. Suivre cette aventure nous a fait du bien. Nous avons toutes deux été touchées par les messages bienveillants amenés par les artistes, lorsque ceux-ci nous souhaitent de « bien grandir » ou nous rappelle qu’ « être un âne, des fois, c’est pas bête ». On comprend aussi la force que peuvent être les différentes facultés de chacun-e et l’importance d’en parler.

 

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