Un regard parmi d’autres: Ils s’aiment depuis 20 ans

Au premier abord, Ils s’aiment depuis 20 ans n’est rien de plus qu’un condensé d’Ils s’aiment, Ils se sont aimés et Ils se re-aiment. Une manière comme une autre pour le binôme Pierre Palmade/Michèle Laroque de célébrer sa création initiale de 1996, de se retrouver sur les planches et de s’associer à nouveau à Muriel Robin, metteuse en scène et plume des deux premières pièces.

Durant plus d’une heure trente s’enchaînent ainsi une dizaine de sketchs, à un rythme effréné. Dans un décor minimaliste, tout en modernité. Le mariage, le permis de conduire, Gérard et Toinette, Noël chez les parents, le flag, coup de fil d’une nuit… Le public découvre, redécouvre, retrouve ces tranches de vie, ces engueulades de ce couple mythique. Humour intemporel, où rires et applaudissements sont de mises.

Et pendant ce temps-là, le spectre de Pierre Palmade plane au-dessus de nos têtes. Ce soir, Muriel Robin prend sa place.

Bien plus que quelques morceaux choisis des précédents spectacles, on oserait dire qu’Ils s’aiment depuis 20 ans surfe sur la thématique du couple dans notre société actuelle. L’échangisme n’est pas au programme, mais le trio se mélange, au fil de la tournée. Palmade-Laroque se quittent quelques soirs pour offrir un nouveau duo de choc: Laroque-Robin ou Robin-Palmade.

A Beausobre, les spectateurs n’ont pas eu le choix. Isabelle et Martin sont devenus Isabelle et Mathilde. Et c’est tant mieux.

Michèle Laroque, l’éternelle Isabelle, débite ses paroles avec la même fougue qu’il y a vingt ans, elle qui a joué ces scènes maintes et maintes fois. En face, le visage, la voix de Pierre Palmade s’effacent petit à petit au profit de la moue et des mimiques de Muriel Robin. On s’y habitue, on ne fait plus le rapprochement, même si l’on se raccroche aux textes qui n’ont pas été réécrits pour l’occasion. La comédienne se les réapproprie, tout simplement. Et on apprécie. On se laisse transporter dans ces scènes quotidiennes de ce couple de lesbiennes qui ne cachent pas leur plaisir de se balancer des horreurs.

Pourtant, au Paradis, Isabelle et Mathilde crient en cœur : « Elles se sont aimées ! » Rien n’est sûr… La standing-ovation prouve, elle, que le public les a aimées le temps d’une soirée. Et peut-être bien encore pour les vingt prochaines années.

Aude

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