Un regard parmi d’autres: Les Franglaises

Vous est-il déjà arrivé de comprendre les paroles en anglais de l’une de vos musiques favorites et de regretter votre insouciance d’antan ? Soudain, vous vous rendez compte qu’elles n’ont aucun sens. Vous qui vous croyiez rebelle, voici que votre chanteur préféré s’appelle Michel Fils de Jean et qu’il interprète « Billy Jean (prononcé à la française bien sûr) n’est pas mon amant».

Vous est-il déjà arrivé d’en rire ?

Alors j’espère pour vous que vous étiez l’un des quelques 850 spectateurs venus applaudir « Les Franglaises », à Beausobre samedi 1er avril. Le concept de ce comeback, ou plutôt de ce « Viens-retour » proposé par les lauréats du Molière du théâtre musical 2015 est simple : traduire mot à mot les plus grands tubes anglo-saxons en français.

Au-dessus des artistes et de leurs instruments de musique, l’enseigne « Les Franglaises » nous rappelait un Broadway miniature. La joyeuse bande s’échauffait encore que déjà mon voisin de fauteuil frétillait d’impatience. On attendait les paillettes, les trémolos, les feux d’artifice et la romance hollywoodienne. Et nous avons été servis, le « Viens-retour » a flamboyé… crépité aussi, lorsque l’enseigne s’est détachée et s’est mise à tanguer au-dessus des chanteurs entre une reprise de « Tourne autour, je tourne autour » des « Garçons Plage » et du fameux hit des « Filles épices ».

Seul petit bémol d’une soirée sinon truculente à souhait : le niveau sonore des voix, parfois trop faibles par rapport aux instruments et qui ne nous permettaient pas de saisir tous les mots. Regrettable, mais pas dramatique tant il m’a semblé que le cœur du spectacle était ailleurs, dans les détails absurdes et l’humour de la mise en scène. J’ai été notamment époustouflée par la fantaisie des costumes ; longues robes bariolées et costumes un peu datés, parfaitement désassortis.

Après un enchainement de chansons plus ou moins sensées et un effondrement grandiose du décor, la troupe déconfite s’est relevée, est montée sur les caisses renversées, a brandi des poings victorieux sur la fameuse chanson de « Reine ». Ainsi, nous a-t-elle rappelé que, quoi qu’il arrive et quel que soit le nombre des syllabes nécessaires : « LeSpectacleDoit continueeeer ! ».

Céliane