Avoir l’occasion de commenter une pièce de la Comédie-Française est une aubaine pour tout chroniqueur. En effet, c’est une parfaite occasion pour déployer son vocabulaire le plus enthousiaste et déclarer que cette pièce était hi-la-rante, ces dialogues tout simplement brillants et cette actrice divine… sans prendre le moindre risque de se ridiculiser en encensant un navet.
Curieuse et presque intimidée, je me suis rendue à la représentation des « Rustres », par la Troupe de la Comédie-Française. Cette pièce raconte l’histoire de quatre marchands vénitiens, bougons au grand cœur et époux autoritaires à souhait, dont deux décident de marier leur fils et leur fille respectifs. Bien sûr, sans demander leur avis aux tourtereaux, parce que faudrait-pas-se-moquer-du-monde-qui-est-ce-qui-commande-ici.
La trame était somme toute assez typique des bonnes comme des moins bonnes comédies de mœurs… pourquoi donc « Les rustres » a-t-elle été une vraie réussite ?
Je crois que c’est parce qu’elle « visait juste » et révélait, entre tables renversées et portes claquées, des relations plus subtiles qu’il n’y paraissait entre les personnages. À mon grand dam, je crois même avoir reconnu parmi les rustres, la jeune impertinente ou la belle-mère encore coquette, quelques-uns des personnages qui m’habitent ou que nous côtoyons au quotidien, les pantalons bouffants en moins.
Caricaturale mais pleine d’esprit, La Troupe de la Comédie-Française nous a offert avec « Les rustres » une pièce hi-la-rante, aux dialogues tout simplement brillants !
P.S. Avant de vous quitter, laissez-moi encore vous dire à quel point Rebecca Marder, dans son rôle de jeune peste, était, comment dire : divine.
Céliane