Un regard parmi d’autres: Les Rustres, par la Troupe de la Comédie-Française

Avoir l’occasion de commenter une pièce de la Comédie-Française est une aubaine pour tout chroniqueur. En effet, c’est une parfaite occasion pour déployer son vocabulaire le plus enthousiaste et déclarer que cette pièce était hi-la-rante, ces dialogues tout simplement brillants et cette actrice divine… sans prendre le moindre risque de se ridiculiser en encensant un navet.

Curieuse et presque intimidée, je me suis rendue à la représentation des « Rustres », par la Troupe de la Comédie-Française. Cette pièce raconte l’histoire de quatre marchands vénitiens, bougons au grand cœur et époux autoritaires à souhait, dont deux décident de marier leur fils et leur fille respectifs. Bien sûr, sans demander leur avis aux tourtereaux, parce que faudrait-pas-se-moquer-du-monde-qui-est-ce-qui-commande-ici.

La trame était somme toute assez typique des bonnes comme des moins bonnes comédies de mœurs… pourquoi donc « Les rustres » a-t-elle été une vraie réussite ?

Je crois que c’est parce qu’elle « visait juste » et révélait, entre tables renversées et portes claquées, des relations plus subtiles qu’il n’y paraissait entre les personnages. À mon grand dam, je crois même avoir reconnu parmi les rustres, la jeune impertinente ou la belle-mère encore coquette, quelques-uns des personnages qui m’habitent ou que nous côtoyons au quotidien, les pantalons bouffants en moins.

Caricaturale mais pleine d’esprit, La Troupe de la Comédie-Française nous a offert avec « Les rustres » une pièce hi-la-rante, aux dialogues tout simplement brillants !

P.S. Avant de vous quitter, laissez-moi encore vous dire à quel point Rebecca Marder, dans son rôle de jeune peste, était, comment dire : divine.

Céliane

Du même auteur
Céliane De Luca -

Un regard parmi d’autres : Tiphanie Bovay-Klameth

Nous sommes dans une forêt. Une femme hèle son compagnon, disparu dans la végétation. Son accent vaudois durcit le « r » de « Pierre », et allège le ton de l’épopée. Elle l’appelle encore et encore, en se faufilant entre les arbres. On sent une odeur de terre humide, et, l’oreille à l’affut, on compatit pour cette pauvre… Read more »

Lire la Suite
Céliane De Luca -

Un regard parmi d’autres : Zazie

Zazie est une nuit de festival, lorsque les rires nous tiennent éveillés sous une grande tente et que l’on s’endort à l’aube dans le pull de sa meilleure amie. Et puis il fait jour, un nouveau concert nous attend. Alors on enfile sa tenue préférée et ses baskets les plus confortables, prêts à se souvenir… Read more »

Lire la Suite