Un regard parmi d’autres: Lou Doillon, « Soliloquy »

20h. La salle sort de sa pénombre, baignée de lumières rouges, bleues, vives, saccadées, voire stroboscopiques. Le ton est donné; Beausobre se teinte de rock en accueillant en ses murs Lou Doillon. En ce vendredi soir, « les règles de la maison, c’est qu’il n’y a pas de règles! » Dansez, sautez, roulez-vous des pelles ! Confortablement installé, le public, certes charmé et enthousiaste, n’est pas (encore) d’humeur à suivre à la lettre les recommandations de la Franco-Britannique, applaudissant chaleureusement, dodelinant timidement de la tête sur les premières chansons.

Timbre grave fascinant et rocailleux, miaulant parfois, la chanteuse aux pattes d’eph fait, elle, son show au diapason avec ses quatre musiciens. Se déplace tel un fauve, agile sur scène, mouvements de bras amples, jambe levée à angle droit. S’offre entière, sourire aux lèvres, discours sans limites et sincères.

20h30. Comment ne pas résister? Une demi-heure aura passée avant qu’une dizaine de spectateurs décident de finalement suivre la règle, sa règle, et de rejoindre la danse. Debout ou assis, cette démangeaison de vouloir s’agiter – sur Soliloquy par exemple –, et cette envie de planer – notamment sur ICU – s’immiscent au fil des morceaux, empruntés à son dernier opus, ainsi qu’à ses précédents albums.

En une heure de concert, entre rock saturé, balades psyché, impulsions électroniques, les escaliers du premier tiers de la salle et les couloirs extérieurs auront été remplis, frétillants de spectateurs sautillant sur leurs deux pieds, mains en l’air pour certains.

21h15. C’est sous des cris, des applaudissements fournis, et face à standing ovation que Lou Doillon réapparaît, en robe meringue rose brillante, kitsch au possible. Faire marrer les gens lui donne du baume au cœur. Envoyer une lettre de rupture avec une perruque, appeler les impôts à poil aussi. « Eclatez-vous, bordel ! », lancera-t-elle en conclusion d’une dernière chanson, en communion avec un public décidément conquis.

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