Un regard parmi d’autres: Un certain Charles Spencer Chaplin

Qui était Charlie Chaplin ? Tout autour du globe nous sommes des millions à pouvoir répondre à peu près à cette question : c’était un acteur d’Hollywood qui a joué dans « Le Kid » et s’est moqué d’Adolphe Hitler dans « Le dictateur ». Ah oui, il avait une moustache noire et un chapeau melon, et, je crois, une canne.

Avec son excellent spectacle « Un certain Charles Spencer Chaplin », Daniel Colas explore d’autres réponses : c’était un immigré anglais sans le sou, deuxième enfant d’une femme considérée comme folle, c’était un réalisateur subversif devenu la bête noire des Etats-Unis, c’était un millionnaire empêtré dans des histoires de divorce, puis de mariage avec une femme beaucoup plus jeune, c’était un travailleur passionné.

Ce spectacle plutôt sérieux mais pas moralisateur ne s’autorise ni méprise ni mépris : non, Charles Spencer Chaplin n’était pas « que » drôle.

Homme de contrastes, c’est son personnage de vagabond qui fera de lui un millionnaire et c’est le peuple américain qui l’idolâtrera tandis que son gouvernement, inquiet de le voir élevé au rang de porte-parole du peuple, fera courir de sombres rumeurs à propos de la superstar pour tenter, en vain, de briser son succès.

Cette histoire en noir et blanc, des décors aux costume, est amenée avec nuances et portée par des acteurs épatants. Ma plus grande admiration revient à Maxime d’Aboville dans le rôle principal, qui a relevé le défi particulièrement difficile de jouer Charlie Chaplin sans le caricaturer, jusque dans le sourire inimitable et pourtant si bien imité.

Il faut dire que les films de Chaplin m’émerveillent. En règle générale, je goûte surtout à l’humour des mots et préfère les tartes à la crème dans mon assiette que sur mon écran, les coups de pieds au derrière, très peu pour moi. Mais Charlot est l’exception. Il a du génie dans la pantomime, des idées de blagues qui traversent les continents. Ce soir, j’ai découvert son courage… grâce auquel il a traversé les époques, jusqu’à illuminer Beausobre.

Céliane