En 2018, je découvre Brigitte Rosset dans un spectacle sur l’amitié. Au côté de Frédéric Recrosio, leur talent m’interpellent. J’ai eu la chance de mettre en mots cette soirée magnifique, ici.
En 2021, c’est dans « Ma cuisine intérieure » qu’elle brille à nouveau à Beausobre, avec un seule-en-scène sublime. C’est donc non sans une certaine attente que je me rends à ce nouveau spectacle et je ne serai pas déçue. Ce soir-là, elle fait place aux souvenirs et aux confidences, dans l’énergie chaleureuse d’une personne qui est toujours et encore, incontestablement, à sa juste place sur les planches.
Brigitte Rosset est d’abord capable de créer une intimité immédiate avec le public. Elle semble avoir choisi avec soin, pour nous et pour ne pas oublier, certains moments de sa vie à cristalliser, à partager. Elle évoque son éducation, ses expériences, ses amitiés, ses rencontres, ses émerveillements, avec tendresse et malice. Ensuite, il faut relever cette compétence extraordinaire à passer d’un personnage à l’autre, à enfiler leur peau avec tant de dextérité, jusqu’au bout des ongles et des accents.
Pris dans sa ligne du temps, nous voilà tantôt à Genève, tantôt en Valais, en passant par le Buffet de la Gare de Gland. Nous découvrons son histoire, sa famille et les rôles attribués à tout un chacun. On y devine également certaines injonctions d’un certain temps, certains rapports de classes, mais je retiens surtout les rapports aimants. Elle nous fait notamment le cadeau précieux de l’écoute d’un message de sa grand-mère sur un répondeur : le privilège de nous laisser sentir un amour si doux et si tendre. Généreux et bouleversant.
La plus grande force du spectacle vient peut-être du talent de Brigitte à nous faire vivre certains moments comme si nous y étions. Mais aussi, le fait d’être capable de rassembler, d’unir dans le souvenir. Comme si, son choix et son courage de revisiter sa vie nous laissaient, en filigrane, la possibilité d’entrevoir la nôtre. Elle ne cherche pas la démonstration, elle partage. Je ris de bon cœur et sèche plusieurs fois mes larmes. Les émotions sont au rendez-vous. Mais « elle ne nous laisse pas dedans », dira mon conjoint en fin de spectacle, encore ému de cette ode à la famille. Il y a comme du soin à l’Autre dans l’écriture du texte, mais aussi dans cette mise en scène de Christian Scheidt.
En somme, chère Madame Rosset et équipe, bravo pour ce bijou de spectacle. En cette fin d’hiver 2026, merci Brigitte d’avoir tissé avec le fil de votre vie une écharpe si douce à mettre autour de notre cœur. Puissent ces quelques lignes porter jusqu’à vous les meilleurs vœux d’anniversaire de carrière possibles. 30 ans ! J’espère pouvoir aussi longtemps écrire des chroniques sur des gens talentueux comme vous. Knix.