Archives : Spectacles

Ceci est un exemple de type d’article personalisé

Tamao

Sur une plage, une coquille se fend et une petite tortue nommée Tamao naît et se rue dans la mer. Commence alors pour elle un voyage extraordinaire dans son nouvel univers marin, dans lequel elle va grandir, entourée de personnages excentriques, qui l’accompagnent tout au long de son périple, jusqu’à son retour sur l’île qui l’a vue naître et où elle vivra sa première ponte.

Deux musiciennes loufoques, mi-sirènes mi-animaux marins, accompagnées d’instruments fantaisistes nous racontent joliment le cycle de vie de cette petite héroïne des mers. Les images animées en papiers découpés s’assemblent au tissu sonore, musique, bruitages et voix des personnages, joués en direct. La compagnie Mon Grand l’Ombre propose là un ciné-concert qui ravit à la fois le jeune public et les plus grands, happés par la narration colorée et joyeuse des artistes.

Stephan Eicher

De la Camargue où il vit depuis 12 ans, Stephan Eicher idéalise la Suisse qui l’a vu naître et devenir musicien, le pays de son enfance et de ses premières fois. Dans les années 1980, il débarquait en Suisse romande avec sa guitare, ses automates et ses chansons en bärndütsch, faisant fi des frontières culturelles et se liant d’amitié avec nos voisins français. Toujours impeccablement tenu dans son gilet noir, le polyglotte Stephan Eicher est devenu, en 40 ans de carrière, prophète en son pays, et même au-delà.

Après une longue pause discographique, il revient enfin avec un nouveau répertoire intimiste et tamisé. Il nous le dévoilera avec un quartet, en présence notamment de la chanteuse et multi-instrumentiste bernoise Heidi Happy.

Spiridon Superstar

En 1896 se sont tenus à Athènes les premiers Jeux Olympiques de l’histoire moderne. Si certaines épreuves comme la natation en eau libre sont tombées dans l’oubli, d’autres se sont inscrites dans la durée. C’est le cas du marathon, créé pour l’occasion et qui a donné lieu à une vive polémique. Des accusations de dopage sont en effet apparues dès cette première édition remportée par un jeune berger, Spyridon Loúis.

Écrite sur mesure pour les Amis du Boulevard Romand, la comédie de Virginie Lemoine mêle réalité historique — délirante — et humour jubilatoire. De la sélection des participants au choix des épreuves, tout semble improbable dans ces premières olympiades. En suivant les pas du médaillé d’or du marathon, un coureur qui s’ignorait, la pièce nous permet de revivre un moment clef de l’histoire sportive. Où dopage rimait avec verre de cognac et où les coureurs n’hésitaient pas à prendre des raccourcis, assis à l’arrière de charrettes à foin.

Sol Bémol

On les avait adorés avec le Carrousel des moutons. On les retrouve avec leur nouvelle création et un univers fait de bois, de toile et de filins. Le cirque et la pantomime restent au cœur de cette nouvelle création, de même que le piano, ou plutôt les pianos, jouant entre la pesanteur de l’instrument et la légèreté des prouesses circassiennes aériennes. Au centre du spectacle, la figure du couple, qui se cherche, se perd, se retrouve et espère jouer de concert la partition d’une vie à deux sur une musique parfois proche de celles du cinéma muet.

La Compagnie d’Irque & Fien est un duo de longue date entretenant une jolie complicité sur l’asphalte comme dans la vie, pour nous donner à vivre des spectacles de cirque poétiques, titillant avec douceur notre âme d’enfant. Sol bémol est indéniablement onirique, drôle et pour toute la famille

Pourvu qu’il soit heureux

Tout allait bien dans la vie du jeune Camille, jusqu’à ce que ses parents découvrent par hasard sa liaison avec un acteur d’âge mûr. Si la mère, guère surprise, se montre tolérante, le père est profondément blessé dans sa virilité et exprime son désarroi à travers un chapelet de clichés homophobes. Tous deux s’accordent en revanche sur un point: ils se sentent responsables. Mais responsables de quoi?

C’est avec délicatesse et humour que Laurent Ruquier aborde la question sensible du coming out, dans sa comédie qui est sans doute la plus personnelle. En inversant le point de vue des personnages à chaque scène, l’auteur dénonce habilement les préjugés sur l’homosexualité et met le père et la mère face à leurs contradictions. Débordés par leurs émotions mais aimant tendrement leur fils, Fanny Cottençon et Francis Huster sont fantastiques.

Philippe Soltermann

Sa mère écoutait des chansons de Joe Dassin, son père des disques de fanfares militaires. Lorsqu’il entend J’arriverai par l’ascenseur de 22h43 en provenance de Babylone de Hubert-Félix Thiéfaine pour la première fois sur une cassette piratée, Philippe Soltermann a 12 ans. De la rencontre avec ces paroles naît une idylle sans faille. Le chanteur devient plus qu’une idole, il sera une figure tutélaire.

Nul besoin de connaître et d’apprécier Hubert-Félix Thiéfaine pour vibrer devant ce spectacle. Sur un plateau nu qui pourrait être celui d’une salle de concert, Philippe Soltermann dit tout de sa passion communicative pour l’électron libre de la chanson rock francophone. Comment ne pas être ému, lorsque l’auteur et comédien lausannois évoque l’impact que l’œuvre de l’artiste a eu sur son existence? Car qu’est-ce qu’un fan, sinon un homme comme un autre, avec ses fragilités, ses doutes et ses excès? Touchant, poétique, le monologue interroge la part d’irrationalité qui relie l’humain aux idoles, et réveille l’âme du fan qui sommeille en chacun d’entre nous.

Phasmes

Avec Phasmes la compagnie Libertivore explore le lien entre l’humain et la nature. Un spectacle fougueux, acrobatique et poétique qui plaira aux petits comme aux plus grands.

Sur scène, un simple et unique tas de feuilles mortes compose un décor épuré. Dans la salle — plongée dans le noir — résonne un bruit étrange. Petit à petit, la lumière s’allume et dévoile dans un clair-obscur une mystérieuse silhouette. Ou peut-être deux. On comprend alors ce qui est à l’origine de ce bruit régulier qui s’accélère. La silhouette qui nous fait face réalise une série de rapides roulades circulaires. Incarné par un duo époustouflant, les corps des deux danseurs occupent l’espace, sans accessoire ni agrès. Deux corps qui fusionnent en totale confiance, pour la réalisation de figures ahurissantes entre équilibre et déséquilibre, symétries et asymétries. Voleak Ung et Vincent Brière composent, au sol comme en plein vol, un duo qui nous laisse sans voix.

Nathalie Devantay vous dévoile tout (ou presque)

Après le succès de son premier one-woman-show, Le Syndrome de Cendrillon, une nouvelle aventure commence. Attention, l’humoriste va tout montrer, tout dire! Sur scène comme un poisson dans l’eau, elle se moque d’elle, de son âge, de ses formes, de ses amours ratées. Passant le quotidien au tamis de son humour espiègle et de ses yeux d’enfant, elle en tire les meilleures pépites: un salon de massage 100% terroir, l’assemblée annuelle des tricoteuses du Léman, une St-Valentin ruinée, la merveilleuse soirée des parents à l’école, les anniversaires surprises, le fitness, et tout ce que l’on est capable de faire contre les complexes.

Des histoires pétillantes et empreintes d’une bonne dose d’autodérision, racontées par une comédienne qui en veut, où l’émotion s’invite parfois au détour d’un sourire.

My Land

Sur une scène couverte de terre, entre ombre et lumière, comme suspendue dans le temps, les artistes partent à la recherche de leurs racines et de leur histoire à travers le prisme des traditions, de la liberté et de l’amour. Bence Vági, directeur de la compagnie Recirquel — pionnière du cirque contemporain en Hongrie —, s’est entouré de sept acrobates ukrainiens de renommée mondiale pour cette création alliant cirque, théâtre, danse classique et contemporaine, donnant tout son sens à l’expression «spectacle vivant».

Encensé lors de sa première représentation en 2018 au Edinburgh Festival Fringe, le plus grand festival artistique du monde, My Land invoque les plus anciens mythes de l’humanité, sublimés par des acrobaties à couper le souffle, repoussant les limites du corps humain. De la magie à l’état pur.

Mon père est une chanson de variété

Sous l’œil complice d’un DJ fan de Claude François, Robert raconte avec une bonne dose d’autodérision la légende de sa naissance. Légende, car comme dans une télénovela, au fil de sa vie, ses origines ont été réécrites. Robert n’a pas de père. Il l’a plutôt bien vécu. Cela le faisait entrer dans un groupe de gars assez branchés, comme Perceval, Luke Skywalker ou Jésus. Son père étant parfois inconnu, parfois mort, parfois un proche de la famille.

Quelle version croire? Est-il encore possible de croire quelqu’un dans cette famille? Et le public, peut-il faire confiance à un narrateur qui a sans doute hérité de ce sens de la fable, cet art de mener les autres en bateau? Quoiqu’il en soit, depuis tout petit, Robert aurait voulu être variétologue, spécialiste en chansons de variété et il se soigne en écoutant Sardou, Goldman, Balavoine, Sheller et les autres. Il est naturel d’aller chercher des pères de substitution dans les chansons de variété, non? Un spectacle tendre et drôle, où le public est inévitablement entraîné dans un karaoké géant.